Quoi ?

La pratique de la philosophie avec les enfants est relativement récente en pédagogie, et la forme majoritaire des pratiques actuelles découlent du travail de Matthew Lipman (1923-2010) qui a développé une méthode ainsi que des histoires pour enfants afin de les initier au plus tôt à la philosophie. Depuis, de nombreux pédagogues ont développé et élargi les principes établis par Lipman, et on trouve aujourd’hui un vaste choix d’approches et une relative diversité des principaux objectifs visés. Si Matthew Lipman recherche peut-être en premier lieu une préparation à la logique formelle, il existe des approches différentes: visant une initiation à la démocratie (Michel Tozzi, Sylvain Connac), s’inscrivant dans une perspective d’éveil du sujet (Jacques Lévine), cherchant une nouvelle didactique de la matière (Ediwge Chirouter, François Galichet), ou utilisant cette pratique à des fins d’amélioration langagière, d’éducation à la paix ou à la laïcité, etc. Pour plus d’information sur l’état actuel de la recherche, vous pouvez consulter le site de la revue Diotime ou l’excellent manuel dirigé par Olivier Blond-Rzewuski, « Pourquoi et comment philosopher avec des enfants ? ».

Notre pratique s'inscrit dans ces mouvements, intégrant différentes approches inspirées des grands pédagogues ayant contribué au domaine.

« L’atelier philo s’inscrit dans le champ de la didactique de la philosophie, et plus précisément de l’apprentissage du philosopher »Olivier Blond-Rezwuski dir., Pourquoi et comment philosopher avec des enfants ?, Hatier, 2018, p.42

Les ateliers de philosophie peuvent être généralement décrits comme une mise en pratique de la dialectique socratique : une discussion des points de vue opposés, mis en relation et questionnés jusqu’à rendre visibles leurs contradictions ou leurs imprécisions, révélant la question posée dans son entièreté et dans toute sa complexité.

Ce n'est pas

◯ Une thérapie de groupe : Les problèmes sont abordés dans leur plus haut degré de généralité, non pas dans leur dimension personnelle.

◯ Un échange d’anecdotes : L’événement particulier n’est pas le centre de la discussion, c’est un travail du problématique en général.

◯ Une pure exégèse des textes : les textes de l’histoire de la philosophie peuvent servir de support, et un apport de philosophes et écrivains est profitable, mais l’analyse interprétative de la pensée d’un auteur n’est pas le premier but visé.

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